La reprise du travail est pour moi l’occasion de me replonger dans l’aventure du Baltic Tour et d’en faire un premier bilan après m’être ressourcé en famille pendant 15 jours suite à mon abandon.

En chiffre déjà ça donne quoi ?

  • 7 étapes sur les 21 prévues soit un tiers du parcours prévu
  • 1461 km soit 209 km en moyenne par jour.
  • 66h 47mn sur le vélo soit 9h30 en moyenne par étape.
  • 11062 mètres de dénivelé positif soit 1580 mètres en moyenne.

C’est vrai que ca fait déjà pas mal,  mais malheureusement trop loin de l’objectif affiché de 4255 Km.

Il est vrai que l’objectif était sans doute trop élevé mais je reste persuadé qu’il était atteignable dans d’autres conditions ou sur un format différent. En effet comme je l’ai évoqué dans le dernier article annonçant mon abandon du Baltic Tour à vélo, la raison principale était plus mentale que physique. Malgré une longue préparation sur la définition du parcours, certaines portions de route n’étaient pas vraiment praticables pour un vélo de route comme le mien, ce qui m’a obligé à soit contourner ou soit passer mais à une vitesse moindre pour ne pas crever ou casser mon matériel. A l’inverse, certaines portions qui étaient des 2 voies se transformaient en 3 voir 4 voies ce qui m’a obligé parfois à contourner et rajouter des kilomètres quand c’était possible.

 Les pistes cyclables nombreuses au Danemark et en Suède sont un vrai atout pour la sécurité des cyclistes, surtout en ville, pour autant prendre les pistes cyclables oblige à réguler sa vitesse par rapport aux autres vélos, trottinettes et piétons, descendre et monter des trottoirs, pour un routier comme moi on perd vite 20 à 30 minutes pour entrer ou sortir d’une capitale comme Copenhague ou Stockholm. La préparation du parcours m’avait indiqué un dénivelé assez faible que ce soit sur Garmin ou Openrunner, il était 20% moins faible que prévu sur openrunner et 50% sur Garmin, c’est bon à savoir pour la prochaine fois. Autre  élément difficilement maitrisable, le vent. Il a été quasi défavorable tout le long des 7 étapes, plus ou moins fort mais seul sur son vélo ca aide pas vraiment pour le moral.

Le mélange de tous ces éléments (vitesse réduite, contournement, arrêts pas prévus…) m’ont obligé à arriver en moyenne 1h30 plus tard chaque soir ce qui me laissait tout juste le temps de me laver, manger et écrire mon article de l’étape. C’est ça qui m’a fait craquer, c’est d’être avec ma femme et mes enfants durant ce périple sans finalement avoir le temps de les voir et de profiter d’eux. Nous passions nos journées en parallèle avec à peine le temps d’échanger sur ce qu’on avait vécu durant la journée. Après une journée de repos et quelques kilomètres de la 7e étape j’ai compris qu’être en famille était plus important que d’être sur mon vélo et que les deux n’était pas compatible avec de si longues distances et avec ces conditions. Mike Horn précise bien dans ses livres et en particulier dans « Latitude zéro » à chaque fois qu’il voit ou qu’il a ses filles au téléphone durant ses expéditions c’est très dur de repartir ensuite et que l’envie de rester avec elles est très forte et il frôle l’abandon à chaque fois.

C’est pourquoi, je pense que le format n’était pas adapté et qu’il aurait fallu partir avec une équipe dédiée ou même seul pour me concentrer exclusivement au projet et intégrer plus facilement les aléas du parcours. Il était utopique de croire que je pouvais mélanger défi sportif et vacances en famille et pourtant j’y croyais.

Dans les points positifs, je noterais en premier l’apprentissage. J’ai souvent dit autour de moi que si je devais me tatouer quelque chose je tatouerais la citation de Nelson Mandela « je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends. » du coup sur cette première aventure, j’ai appris. A moi de ne pas faire les mêmes erreurs la prochaine fois pour réussir.

En deuxième, je noterais le fait d’être aller chercher au fond de moi des réponses, rester seul durant plus de 10 heures par jour permet de se reconnecter avec soi même et de réfléchir à ce que l’on veut vraiment. C’est très rare que l’on prenne ce temps et c’était une bonne occasion pour moi, même si les réponses que j’ai trouvées m’ont mené vers l’abandon.Je noterais en troisième le point positif sur mon physique qui ne m’a pas lâché sur ce premier tiers à par quelques douleurs surmontables. Ce n’était pas gagné d’avance avec mon problème d’arthrose à la cheville.

En quatrième, je noterais la beauté et les diversités des paysages traversés du Danemark et de Suède même si là-bas on ne compte pas en mètre mais en sapin!

Enfin, en cinquième mais pas dernier car cette liste n’a pas d’ordre, votre soutien avant le départ, durant les 7 étapes et surtout au moment de l’abandon.

La cagnotte a continué de monter après mon abandon, elle a dépassée les 50% pour atteindre 2220 € collectés soit 6660 repas financés. Même si je n’ai pas fait entièrement ma part, il est toujours possible de donner à la Chaîne de l’Espoir pour les enfants au Togo. Je laisse la cagnotte ouverte jusqu’au 10 septembre.

Pour ceux que ça intéresse, suite à mon abandon, nous avons décidé de continuer le Baltic Tour en Van mais un peu plus rapidement. Nous avons visité entre autre Helsinki, Tallinn, Riga et Varsovie et traversé la Finlande, l’Estonie, la Lituanie, la Lettonie, la Pologne et l’Allemagne, soit 10 pays avec la Belgique, les Pays Bas, le Danemark et la Suède les 10 premiers jours pour une distance totale de 7765 kilomètres!

One thought on “Premier retour et bilan du Baltic Tour”

  1. Je viens de prendre connaissance de ton périple et de la fin (provisoire) de cette aventure. Je sais que tu sais que les échecs ne sont pas une finalité et nous pouvons tous méditer sur cette pensée : Une période d’échec est un moment rêvé pour semer les graines du succès (ce n’est pas de moi -Paramahansa Yogananda-). Donc en résumé, tu rebondiras positivement. Bravo pour la performance exécutée, et j’ai quand même donné pour nos amis togolais 😉 A bientôt.

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